3 billboards : les panneaux de la vengeance [coup de cœur]

1/2/2018



Lors de la 75e cérémonie des Golden Globes qui a eu lieu le 7 janvier dernier au Beverly Hilton Hotel de Los Angeles, 3 billboards : les panneaux de la vengeance a remporté, à la surprise générale, quatre distinctions (meilleur film dramatique, meilleur scénario, meilleur actrice dans un film dramatique pour Frances McDormand et meilleur acteur dans un second rôle pour Sam Rockwell), faisant de facto du long-métrage de Martin McDonagh un favori pour les prochains Oscars. Et si d’aventure le film venait à remporter la statuette du meilleur film le 4 mars prochain, cela serait loin d’être démérité au vu des nombreuses qualités qu’il recèle. 

3 Billboards, les panneaux de la vengeance



Neuf mois après le viol et le meurtre de sa fille, alors que l’enquête piétine, Mildred Hayes (Frances McDormand) décide de provoquer William Willoughby (Woody Harrelson), le chef de la police locale, en affichant un message controversé à son attention sur trois panneaux publicitaires situés à l’entrée de la ville. Les tensions entre Mildred et les forces de l’ordre vont alors s’intensifier et prendre un virage dangereux.

3 Billboards, les panneaux de la vengeance


INTERPRETATION BRILLANTE

S’il y a un élément du film qui époustoufle d’emblée, ce sont bien les performances des acteurs. Celle de Frances McDormand, évidemment – l’actrice de 60 ans est l’une des rares à avoir reçu un Oscar, un Emmy et un Golden Globe au cours de sa carrière –, mais également celles de Sam Rockwell et Woody Harrelson. Les trois comédiens sont brillants et portent le long-métrage sur leurs épaules.

De plus, le film (contrairement à ce que vend le mauvais titre français, c’est moins de vengeance que de culpabilité dont il est question) est servi par une mise en scène sobre mais maîtrisée et un scénario intelligent qui s’interdit tout manichéisme facile. En effet, le comportement de cette mère courage est plus d’une fois moralement condamnable tandis que la police est loin d’être irréprochable, comme en témoigne la violence du personnage interprété par Sam Rockwell, flic alcoolique et raciste.

3 Billboards, les panneaux de la vengeance


MÉLANGE DE STYLES

Si le film se classe indubitablement parmi les drames psychologiques, il serait cependant réducteur de le cantonner à ce genre. En effet, le long-métrage fait régulièrement preuve d’un humour noir qui permet d’alléger l’ambiance pesante tout en la renforçant : comment ne pas voir dans le cynisme et la froideur du personnage incarné par Frances McDormand toute la douleur de cette mère dévastée par la perte tragique de son enfant.

Cet amalgame déconcertant mais puissant se retrouve également dans la trame ; le film prend à de nombreuses reprises des tours inattendus qui gardent le téléspectateur en alerte et l’empêchent de deviner quelle direction va prendre le film – un bon point. Et ce n’est pas la fin tout aussi déconcertante qui atténuera le sentiment d’avoir assisté à la projection d’une œuvre majeure.

3 Billboards, les panneaux de la vengeance

EN RÉSUME

3 billboards : les panneaux de la vengeance est une somptueuse fresque mélodramatique qui interroge sur les notions de justice et de pardon dans une Amérique rongée par la haine et la violence. Du grand art !


3 billboards...
Un film de Martin McDonagh
2018