Adam Sternbergh - Population : 48 [critique]

4/11/2018

Pour son troisième roman, Adam Sternbergh nous offre, selon son éditeur, un récit à la croisée de la Quatrième dimension et de l’univers de Quentin Tarantino. Si, comme souvent, les qualités vantées dans la quatrième de couverture sont un tantinet exagérées, Population : 48 s’inscrit dans la droite ligne éditoriale des éditions Super 8 et s’avère donc un roman décalé et plaisant, à défaut d’être aussi jouissif qu’un long-métrage de l’éminent réalisateur de Pulp Fiction.



Caesura, Texas – minuscule bourgade perdue au milieu du désert. Quarante-huit habitants. Tous des criminels, à priori. Peut-être de simples témoins ; impossible de savoir. Changement d’identité, effacement de la mémoire. Trois règles simples pour les résidents : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Huit ans sans aucune anicroche. Et puis un suicide. Quelques semaines plus tard, un meurtre. Montée de violence. Pourquoi ? Quels terribles secrets effacés de la mémoire des habitants de Caesura sont en train de remonter à la surface ? Cooper, le shérif local, se serait bien passé de toute cette merde.

MEN IN BLACK

L’effacement de la mémoire est un fantasme présent dans bon nombre d’œuvres fictionnelles cinématographiques – de manière non-exhaustive citons Eternal sunshine of the spotless mind, Total Recall, la saga Jason Bourne, Au revoir à jamais ou bien encore Men in black. Si les connaissances restreintes de Littérature & Culture en matière de littérature SF ne nous permettent pas de juger de la vastitude ou de l’absence de traitement du sujet sous la plume des auteurs séculaires ou contemporains, nous pouvons malgré tout parler du livre en tant qu’entité autonome.

Et, en tant que telle, Population : 48 est un roman divertissant. L’ouvrage entraîne le lecteur dans un monde où des criminels ont été lavés de leurs crimes par un effacement de leur mémoire leur garantissant la liberté et la paix de leur âme en échange d’une vie de reclus loin de toute civilisation. Écriture sobre et rebondissements sont au rendez-vous et de ce huis-clos à ciel ouvert.


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Population : 48
Adam Sternbergh
Population : 48
Super 8 – 11/10/2018
432 pages

À Propos de l'auteur

Journaliste, ancien responsable des pages culture du New York Times, Adam Sternbergh a grandi à Toronto et vit aujourd'hui à Brooklyn avec sa famille. Il se décrit lui-même comme brillant ou méprisable – on peut être les deux. Le Fossoyeur (Denoël), son premier roman, a figuré sur de nombreuses listes de prix. 

Adam Sternbergh