Agatha Christie - La Plume empoisonnée [critique]

14/3/2018


D’après son site internet officiel (et oui, de nos jours, même une personne décédée peut s’enorgueillir de posséder un site internet officiel !), La Plume empoisonnée était, de tous les romans que la célébrissime Agatha Christie a écrits, l’un de ses préférés. Le site ne se donnant pas la peine d’étayer son propos, difficile de savoir si cela est vrai – pas d’autre choix que de prendre cette assertion pour argent comptant. Ce qui est certain, par contre, c’est que ce roman diffère quelque peu de ce que l’auteure anglaise avait pour habitude de proposer à ses lecteurs. Il faut peut-être voir là la raison de cette préférence supposée. Mais en quoi ce roman se distingue-t-il des autres ouvrages d’Agatha Christie ? Disons que sa singularité réside dans le fait que le narrateur du récit, ainsi que la sœur de ce dernier, rencontrent l’amour au cours de leur quête de la vérité – chose rare dans l’œuvre de la romancière anglaise.



C’est sur les conseils de son médecin que Jerry Burton, aviateur de son état, s’est installé avec sa sœur à Lymstock, petit village de la campagne anglaise où ils ne connaissent personne, afin de récupérer au mieux et au plus vite de blessures subies lors du crash de son avion. A peine arrivés, les habitants de la paisible bourgade commencent à recevoir des lettres anonymes plus odieuses les unes que les autres, divisant la communauté et poussant même au suicide l’épouse du notaire. Un peu plus tard, une des bonnes travaillant chez ce même notaire est retrouvée assassinée, une broche à rôtir enfoncée dans la nuque. La femme du pasteur va alors faire appel à Miss Marple pour tenter de démasquer le corbeau-meurtrier. Cette dernière y parviendra, bien évidemment, en même temps que l’amour frappera à la porte de la fratrie Burton.


FAUX MISS MARPLE

Bien que Miss Marple fasse partie du casting de ce roman, difficile de dire que ce dernier la met en scène, tant sa contribution au récit est marginale – elle apparaît dans une douzaine de pages tout au plus. Son personnage est donc plus que secondaire. Peut-être est-ce dû au fait que Agatha Christie, contrairement à ses habitudes, mais sans délaisser le côté criminel de l’affaire pour autant, s’est attachée à mâtiner son intrigue policière de comédie sentimentale, creusant également beaucoup plus que d’ordinaire le côté « peinture de mœurs » du récit. L’auteure anglaise y décrit une petite ville et les travers de ses habitants : jugements à l’emporte-pièce, accusations sans preuves, jalousie, cancans, etc. Le tout empaqueté dans l’humour présent dans la relation entre le frère et la sœur qui ne se ménagent pas et se parlent sans détours.

L’intrigue policière se retrouverait presque reléguée au second plan sans le talent de l’auteure qui parvient toujours à recentrer son récit et à équilibrer la balance.

Toujours est-il que le résultat est plaisant et la révélation du coupable, comme toujours, inattendue.


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Le Masque – 1942
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