Alain-Fournier - Le Grand Meaulnes [critique]

26/1/2019

Régulièrement cité dans les listes des plus grands classiques de la littérature française, Le Grand Meaulnes, unique roman d’Alain-Fournier mort au front en 1914, un an après la publication de son ouvrage, a également été presque unanimement salué par la critique de l’époque. Il faut dire que ce récit au parfum délicieusement onirique et qui emporte le lecteur dans un tourbillon d’émotions a tout pour plaire.


À la fin du xixe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge – l’école du village –, attend la venue d’Augustin Meaulnes que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu’il suive le cours supérieur : l’arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l’enfance finissante de François...

LA GRANDE LITTERATURE

La littérature classique, certains la vénèrent, d’autres l’abhorrent, mais elle ne laisse personne indifférent. En ce qui me concerne, je l’affectionne tout particulièrement. J’aime ses tournures de phrases délicieusement désuètes, son vocabulaire d’une autre époque, son utilisation sans vergogne du subjonctif imparfait (qui a – malheureusement – tendance à disparaitre en français moderne), ses chapitres longs, et le lyrisme qui transpire bien souvent de sa prose. Il était donc écrit que, à l’instar de François Seurel, je tombasse (hop ! je place un subjonctif imparfait du coup, au calme) sous le charme du Grand Meaulnes pour toutes ces raisons.

En plus de tout cela, l’onirisme qui émane de ce roman m’a transporté dans l’univers singulier du « domaine perdu » (vous allez devoir lire le roman pour comprendre ce qu’il est) et je me suis trouvé confortablement installé en pensées dans cet endroit magique. La plume d’Alain-Fournier, habile, fait naitre chez le lecteur une empathie totale pour les personnages – elle nous fait rêver avec Augustin Meaulnes, nous émerveiller avec François Seurel, et dépérir avec la pauvre Yvonne de Galais. Les romans qui vous transportent à ce point sont rares.

Non content de rejoindre ma bibliothèque, Le Grand Meaulnes s’est également et surtout fait une place de choix sur la liste des livres que je recommande chaudement au détour d’une conversation. Je vous le prête ?


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Le Grand Meaulnes
Alain-Fournier
Le Grand Meaulnes
1913
350 pages

À Propos de l'auteur

Alain-Fournier est généralement considéré comme l’auteur d’un seul livre : son roman Le Grand Meaulnes publié en 1913, alors qu’il avait vingt-sept ans, n’est pourtant pas son seul écrit. C’est d’abord par des poèmes en vers libres qu’Henri Fournier manifeste à partir de l’été 1904 – il a dix-sept ans – son désir de devenir écrivain. Quelques-uns de ces premiers poèmes et nouvelles ont été publiés de son vivant dans diverses revues, connaissant un certain succès.

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