Altered Carbon - saison 1 [décryptage]

5/2/2018


Avec Altered Carbon, Netflix veut frapper un grand coup et s’en donne les moyens. Si la plateforme ne communique jamais sur ses chiffres, qu’il s’agisse des budgets détaillés (elle communique juste le montant global alloué à ses créations originales) ou des audiences, il se murmure malgré tout que la somme investie pour cette ambitieuse série de science-fiction serait de l’ordre de celui de Game of thrones, soit peu ou prou 10 millions de dollars par épisode. Rien que ça ! Hélas, si le dispendieux  budget se matérialise à l’écran, pour le plus grand plaisir des yeux (univers futuriste somptueux, effets spéciaux de qualité, etc.), la série se noie malheureusement dans un scénario abstrus qui empêche le téléspectateur de se plonger complètement dans l’intrigue.

Altered Carbon - saison 1


DE QUOI ÇA PARLE ?

An 2384 : les humains peuvent charger leur esprit dans d’autres enveloppes charnelles (synthétiques ou organiques) que celles de leur naissance grâce à une pile mémoire insérée à la base du cortex cervical, pile où est stockée la mémoire de chaque individu, donc, mais également sa personnalité. Grâce à ce procédé, les plus riches (une enveloppe coûte très cher) sont devenus quasi-immortels, la seule façon de mourir définitivement étant de détruire la pile – si le corps meurt mais que la pile est intacte, alors il suffit de transplanter celle-ci dans une nouvelle enveloppe charnelle pour ressusciter.

C’est dans ce contexte que Takeshi Kovacs, un rebelle qui a été mis en suspension (mise en stockage pendant plusieurs années et hors de son enveloppe charnelle de la pile d’un repris de justice) 250 ans auparavant, est ramené à la vie dans le corps de Elias Ryker, un flic, afin d’enquêter sur le meurtre de l’homme le plus riche de ce nouveau monde. 

Altered Carbon


UN MONDE CYBERPUNK DE TOUTE BEAUTÉ

Si les références visuelles à Blade Runner sont criantes, il faut reconnaitre que le monde futuriste imaginé par Lanta Kalogridis est particulièrement réussi. Le budget pharaonique a été utilisé à bon escient et le résultat est prodigieux : une splendide atmosphère cyberpunk, lugubre et moite, où la cupidité des riches le dispute à la violence d’un monde désabusé et cynique. Rien de très original certes, l’esthétique cyberpunk ayant été brassée à de nombreuses reprises, mais un régal pour les yeux.

Altered Carbon


MAIS UN SCÉNARIO QUI NE SUIT PAS

Malheureusement, cette esthétique est la seule chose de parfaitement réussie dans Altered Carbon. Le reste oscille entre le passable et le mauvais. Mauvais comme le scénario, qui effleure seulement les thématiques (anticapitalisme, immortalité, changement de corps/genre) qu’il évoque et qui se trouve être bien mince dans sa première partie – heureusement qu’il s’étoffe un peu au fil des épisodes, sauvegardant ainsi un peu d’intérêt à la série. Un scénario malgré tout par trop abstrus. Certaines scènes d’action/baston enlevées et plutôt bien chorégraphiées parviennent malgré tout à rattraper la faiblesse de l’intrigue.

Altered Carbon

EN RÉSUMÉ

Netflix a vu grand pour Altered Carbon mais, une fois n’est pas coutume, s’est pris les pieds dans le tapis. C’est dommage car, visuellement, la série en met plein les yeux et place la barre très haut.