Atypical - saison1 [décryptage]

01/09/2017


Lancée en catimini par Netflix le 11 août dernier, Atypical est une série qui se démarque de la production actuelle, tant sur le sujet abordé, l’autisme, que sur la manière de traiter ce dernier, à savoir avec un humour juste – le curseur est parfaitement placé – et sans jamais verser dans le mélo. Une vraie bouffée d’oxygène !


DE QUOI ÇA PARLE ?

Atypical est le récit initiatique de Sam (Keir Gilchrist), un adolescent de 18 ans atteint d’autisme. En quête d’indépendance et débordant de questions sur la normalité, il aspire à trouver une fille qui accepterait d’être sa petite amie malgré son atypie. Cette quête à la fois drôle et douloureuse va bouleverser toute sa famille et chaque membre sera amené à réfléchir – avec et au travers de Sam – à une question fondamentale : que veut dire être « normal » ?


AMOUR ET RENONCEMENT

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette quête d’indépendance va être mal vécue par ses parents et sa sœur qui le surprotègent depuis toujours, oubliant parfois de vivre leur propre vie. Cette peur de laisser s’envoler l’oisillon atypique donnera lieu à des scènes cocasses, comme lorsque que Sam expose à sa mère que l’une des choses qu’il espère le plus au monde est de « voir des nichons en vrai ». Ce télescopage entre la communication sans filtre de Sam et les interrogations de son entourage sera d’ailleurs un catalyseur de drôlerie tout le long des huit épisodes que compte la série. 


UNE VASTE PALETTE DE PERSONNAGES

Une des forces de la série est incontestablement sa galerie de personnages, principaux ou secondaires, ayant chacun leur propre rapport à l’autisme de Sam. Il y a les personnages décalés comme Zahid (Nik Dodani) – le meilleur ami – et Paige (Jenna Boyd) – la petite amie tant désirée –, ceux qui sont débordés par les évènements et un peu paumés comme les parents de Sam (Jennifer Jason Leight et Michael Rapaport), et ceux qui sont tiraillés entre envie de vivre pour eux et besoin de prendre soin de Sam comme Casey (Brigette Lundy-Paine) – la sœur. Tous sont formidablement écrits et magistralement interprétés ; d’ailleurs, cette distribution impeccable est l’une des clés qui permet à la série de fonctionner aussi bien. Keir Gilchrist est parfait dans le rôle de Sam, un rôle pourtant pas facile à aborder ; Nik Dodani et Jenna Boyd sont excellents en détonateurs loufoques, apportant le côté réjouissant de la série ; Jennifer Jason Leigh et Michael Rapaport campent des parents perdus plus vrais que nature ; et Brigette Lundy-Paine subjugue par son jeu facial confinant à la virtuosité. 


COUP DE MAITRE

Même si tous les épisodes ne sont pas jouissifs de bout en bout – certaines situations sont par trop éculées –, force est de reconnaître que Robia Rashid (à qui l’on doit également certains épisodes de l’excellente How I met your mother) a su allier à la perfection facéties et tendresse pour nous plonger en empathie totale avec les personnages et décupler notre plaisir. De plus, l’exercice parfois délicat de la voix off est parfaitement maîtrisé ici et nous permet de comprendre le fonctionnement de Sam : ne pas oublier que, du fait de son autisme, ce dernier communique sans filtre, en toute honnêteté.

EN RÉSUMÉ

En seulement 8 épisodes de 35 minutes, Atypical réussit l’exploit de faire sourire, réfléchir et d’émouvoir, triptyque gagnant de la parfaite dramédie. Vivement la saison 2 !