Baron noir - saison 1 [décryptage]

13/11/2017


Si les séries politiques font les beaux jours des chaînes étrangères depuis de nombreuses années (House of Cards ou Veep aux Etats-Unis, The Thick of it au Royaume-Uni ou bien encore Borgen au Danemark), en France, personne n’a encore vraiment osé se lancer dans le genre. C’est désormais chose faite avec Canal + qui lance Baron noir, une création originale qui explore cet univers impitoyable décrié par bon nombre de français.

Baron noir saison 1


DE QUOI ÇA PARLE ?

La campagne présidentielle bat son plein en France. Francis Laugier (Niels Arestrup), candidat du parti socialiste affronte Jean-Marc Auzanet (Michel Voïta), le président sortant encarté à l’UMP. Au soir du débat de l’entre-deux tour, Philippe Rickwaert (Kad Merad), député-maire de Dunkerque et l’un des plus fidèles alliés du candidat socialiste, apprend d’une source policière qu’une perquisition va avoir lieu le lendemain matin au siège de l’office HLM de Dunkerque. Pour éviter que les enquêteurs ne découvrent qu’une partie des fonds de l’office a servi à financer la campagne électorale de Laugier, Rickwaertva faire disparaître les preuves en compagnie du trésorier de l’établissement.

Mais quand ce dernier se suicide pour ne pas endosser la responsabilité du trou dans la trésorerie, Laugier, fraîchement élu président de la République, lâche Rickwaert. Ce dernier n’aura alors de cesse d’user de ses nombreuses connivences dans toutes les strates de la société pour nourrir sa vengeance et reconquérir sa place sur l’échiquier politique.

Baron noir saison 1


AU PLUS PRÈS DE LA RÉALITÉ

Si, comme House of CardsBaron noir débute par la brève chute du personnage principal lâché par son mentor, elle se démarque vite de sa cousine américaine en s’ancrant dans le réalisme ; point de jeu de massacre invraisemblable dans la série française, mais plutôt la crédibilité comme crédo. Sans occulter l’ombre, les coups bas et les machinations qui font évidemment partie du monde politique, les scénaristes de Baron noir tissent une toile réaliste qui plonge le téléspectateur dans l’univers délétère du pouvoir.

Baron noir saison 1


TENSION DRAMATIQUE CONSTANTE

Passé la mise en place un peu artificielle (le politicien qui vend sa télé pour combler le trou dans la caisse, par exemple, peu vraisemblable), le récit est cohérent, se tient, et maintient une tension dramatique qui ne retombe jamais. Sans aucun cynisme et articulé autour d’un duo interprété avec talent par Niels Arestrup (dans un rôle taillé pour lui) et Kad Merad (superbe à contre-emploi), la série donne à réfléchir sans jamais juger ses protagonistes. Dommage que certains dialogues tombent à plat par excès de vulgarité.

La série met en avant le fait que la politique n’est pas une activité gratuite, qu’elle demande un engagement de tous les instants et une conviction à toute épreuve. Faire de la politique demande des efforts et conduit parfois à prendre de mauvaises décisions.

Baron noir saison 1

EN RÉSUMÉ

En dépit d’une interprétation brillante, cette première saison de Baron noir peine à être plus que simplement divertissante, la faute à des dialogues peu crédibles lorsqu’ils cherchent à sonner « règlement de compte » – des dialogues vulgaires qui frisent parfois le ridicule.