Constance Debré - Play boy [critique]

12/12/2017

Avocate de profession et nièce du président du conseil constitutionnel, Constance Debré fait son entrée en littérature avec Play boy, son premier roman édité chez Stock. Dans ce court récit, la primo-romancière dresse le portrait d’une femme et de son désir pour d’autres femmes. Percutant mais pas complètement convaincant.


La narratrice de Play boy, dont on ne se saura pas le nom, vient de divorcer. À quatre ans elle était gouine – ce sont ses propres mots. Maintenant qu’elle a fait le constat de l’échec de ses relations avec les hommes, ce saphisme enfoui au plus profond de son être refait surface. Il y a d’abord Agnès, femme mariée de dix ans son aînée. Puis Albertine, que tout le monde appelle Albert, de quinze ans sa cadette. Mais si au-delà de la simple orientation sexuelle elle n’était tout simplement pas faite pour les relations amoureuses ?


LES ÉCUEILS DE LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Play boy est un roman ancré dans les codes de ce genre de littérature contemporaine qui se veut moderne et iconoclaste : récit court, chapitres brefs voire très brefs voire lapidaires, absence de dialogues et descriptions quasi inexistantes. Un style littéraire qui peut s’avérer être un pensum à lire – un style littéraire qui s’avère très souvent être un pensum à lire.

Constance Debré parvient malgré tout à surmonter les platitudes inhérentes au style en développant une écriture percutante, sèche et directe qui insuffle au récit rythme et intérêt.


GARÇON MANQUÉ

Car ce personnage de femme qui se trouve soudainement attirée par d’autres femmes qu’esquisse l’auteure se révèle fort intéressant. Comment elle va peu à peu délaisser son travail pour s’embourber dans des relations amoureuses qui ne lui apportent pas grand-chose, comment ces relations vont la faire s’interroger sur le couple, comment son look va peu à peu se masculiniser ; des réflexions qui auraient gagné à être approfondies. Mais cela aurait alors obligé Constance Debré à écrire un livre d’un tout autre style.

Play boy se trouve donc être un roman dont les qualités rattrapent les défauts, mais sans pour autant réussir à en annihiler les effets. En cela Play boy est un ouvrage moyen qui s’oubliera vite.


Play boy
Constance Debré
Play boy
Stock – 10/1/2018
160 pages
18,00 €

Constance Debré

Constance Debré

Constance Debré