Douglas Kennedy - L'Homme qui voulait vivre sa vie [critique]

11/5/2020

S’il est peu lu dans son pays natal, Douglas Kennedy rencontre un franc succès dans notre pays, l’auteur américain y écoulant ses romans à tour de bras. Et si certains de ses ouvrages m’ont tenu en haleine, je dois confesser avoir été extrêmement déçu par L’Homme qui voulait vivre sa vie, son deuxième roman. Si le style puissant du romancier pointe le bout de son nez dans la dernière partie du livre, les deux premières s’avèrent trop poussives pour que l’ensemble soit de bonne facture. Dans ce roman, Douglas Kennedy tâtonne à la recherche de son style, et, malheureusement, cela se sent.



Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l'avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d'un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d'être photographe.

Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu'à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s'être fourvoyé. Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier fait basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité. (Quatrième de couverture)


L’HOMME QUI CHERCHAIT SON STYLE

Si certains auteurs transforment leur premier essai, d’autres tâtonnent avant de maîtriser leur sujet. Il semblerait que Douglas Kennedy ait été de ceux-là, puisque L’Homme qui voulait vivre sa vie, son deuxième roman paru en 1998, est un roman qui peine à convaincre. La faute à un style poussif qui cumule les clichés dans la description du personnage principal et tombe dans l’écueil de la caricature. De plus, certains mots recherchés sont utilisés dans des phrases « anodines », donnant au lecteur la sensation que ces mots sont hors-sujet, comme si Douglas Kennedy avait dressé une liste de mots à utiliser et qu’il les jetait au hasard dans son récit. Dommage car l’idée du livre est bonne.

Cependant, lorsque Douglas Kennedy sort des passages obligés et développe son intrigue dans la troisième partie du roman, le récit devient alors passionnant et on entrevoit enfin tout ce qui a fait le succès de l’auteur américain.

Je vous conseille donc de faire l’impasse sur ce roman et de vous tourner plutôt sur des ouvrages parus après, notamment Les Charmes discrets de la vie conjugale ou La poursuite du bonheur.


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Douglas Kennedy
L'Homme qui voulait vivre sa vie
1998 – Belfond
360 pages

À Propos de l'auteur

Douglas Kennedy est l’un des auteurs américains préférés des Français. Il s’est imposé avec, entre autres, Piège nuptialL’homme qui voulait vivre sa vieLes désarrois de Ned AllenLa poursuite du bonheur et Cet instant-là. Il vit entre New York, Paris, Londres et Berlin.

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