Douleur et gloire [coup de cœur]

26/5/2019



Avec Douleur et gloire, Pedro Almodovar nous livre son œuvre la plus personnelle et une des plus poignantes de sa filmographie. Présenté en compétition officielle à Cannes, le film à longtemps figuré en tête de liste des favoris à la Palme d'or. Et s'il s'est fait coiffer au poteau par Bong Joon-Ho, Pedro Almodovar peut se targuer d'avoir accouché de ce qui restera peut-être comme son chef-d'œuvre.

Douleur et gloire

Salvador Mallo (Antonio Banderas) est un réalisateur qui a connu le succès mais qui ne réalise plus de films à cause de nombreuses douleurs physiques qui le font souffrir. Lorsque la cinémathèque décide de restaurer un de ses films réalisé 30 ans plus tôt, cela va être l'occasion pour lui de renouer avec Alberto Crespo (Asier Etxeandia) avec qui il est brouillé depuis la sortie dudit film et de se remémorer son enfance indigente auprès de sa mère (Penélope Cruz).

Douleur et gloire


AUTOFICTION POIGNANTE

À la question : « Douleur et gloire est-il un film basé sur votre vie ? » Pedro Almodovar à cette réponse pleine d'esprit : « Non, et oui, absolument. » À l'aune de cette pirouette, le nouveau film de Pedro Almodovar se déguste comme un témoignage certes peut-être enjolivé, mais comme un témoignage poignant sur les démons du réalisateur espagnol et sur sa relation particulière avec sa mère – qui donnera l'un des passages les plus poignants du film.

Je pourrais vous parler du regain de puissance émotionnel du cinéma de Pedro Almodovar, de son univers particulier si prenant, de l'infinie tendresse qui se dégage de Douleur et gloire, du bouleversant autoportrait que le réalisateur fait de lui-même, mais, sans la dévoiler pour ne pas gâcher son effet, j'ai envie de vous parler de la dernière séquence du film, une séquence qui conclut de façon magistrale et ingénieuse une œuvre majeure. Cette dernière séquence pourrait d'ailleurs presque justifier à elle seule d'aller voir le film.

Servi par une photographie somptueuse mettant en valeur les couleurs vives des décors, Douleur et gloire m'a happé de bout en bout, hypnotisé par le jeu flamboyant de son acteur principal.

Douleur et gloire


ANTONIO BANDERAS RÉCOMPENSÉ

Au fil de leurs nombreuses collaborations, Pedro Almodovar a toujours su tirer la quintessence du jeu de Antonio Banderas ; loin des rôles insipides de sa carrière hollywoodienne, le second s'est toujours trouvé transcendé sous la direction du premier. Dans Douleur et gloire, l'osmose entre l'acteur et le réalisateur, au delà de la personnification du rôle, a atteint un tel degré que le premier s'est vu remettre le prix d'interprétation au dernier festival de Cannes. Une juste récompense tant le talent de Antonio Banderas illumine le long-métrage de Pedro Almodovar. 

Douleur et gloire

EN RÉSUME

Brillamment mis en scène et interprété, Douleur et gloire constitue sans nul doute l'acmé des carrières conjointes de Pedro Almodovar et Antonio Banderas. Une étape essentielle dans les filmographies de l'un et de l'autre.


Douleur et gloire
Un film de Pedro Almodovar 
2019

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