Emma Glass - Pèche [critique]

13/12/2018

Aux antipodes de la littérature classique, une certaine frange de la littérature contemporaine se veut concise – peu de descriptions –, directe – peu de dialogues – et ramassée – peu de pages. Si nous n’avons aucun grief contre ce type de littérature moderne chez Littérature & Culture, notre préférence se tourne cependant sans hésitation du côté de la littérature séculaire, ou encore de la littérature de notre époque qui a gardé le goût de la description et du sémantisme. Et ce n’est pas Pèche, le premier roman d’Emma Glass publié chez Flammarion dans le cadre de la rentrée littéraire 2018, qui va nous faire changer d’avis, tant ce dernier a peiné à susciter le moindre intérêt chez nous. La faute notamment à son style trop concis et trop direct, justement, et à une utilisation abusive des phrases courtes, l’auteure usant et abusant de phrases composées d’un seul et unique mot. Finalement, son côté ramassé s’avère être une de ses seules qualités : on en a vite fini !


Pèche erre dans la rue, du sang coule sur ses jambes. Marcher la fait souffrir mais elle parvient malgré tout à rentrer chez elle en titubant. Là l’attend une autre réalité cauchemardesque : son cercle familial semble ne s’apercevoir de rien.

PÈCHE, UN ROMAN QUI PÈCHE

Si, sur la quatrième de couverture de Pèche, l’éditeur promet un récit jouant sur les mots et les sons, la réalité, à la lecture du roman, s’avère tout autre. Certes, certaines des phrases composées par Emma Glass jouissent d’une musicalité recherchée et agréable, mais ces dernières sont bien trop rares pour justifier d’une telle mise en exergue. Première paille.

Puis le récit ne se départ jamais d’un propos sibyllin qui entrave la lecture et empêche le lecteur de plonger tête première dans cette dernière ; bien malin celui qui comprendra de quoi parle le premier chapitre – ce n’est d’ailleurs sûrement pas un hasard si la quatrième de couverture éclaire le lecteur à ce sujet. Deuxième crapaud.

Enfin, le dénouement de l’intrigue arrive comme un cheveu sur la soupe sans que rien ne prépare le lecteur à un tel épilogue, abrupt et quasiment hors de propos. Dernier défaut.

En conclusion, Pèche est un roman déconseillé aux lecteurs goutant la littérature intelligible et qui prend son temps.


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Pèche
Emma Glass
Pèche
Flammarion – 22/8/2018
128 pages

À Propos de l'auteur

Emma Glass est née à Swansea, au Pays de Galles. Elle a étudié la littérature anglaise et suivi des ateliers d'écriture à l'Université du Kent avant de décider de changer de voie pour devenir infirmière.

Elle vit actuellement dans le nord de Londres et travaillle comme infirmière à l'hôpital  pour enfants Evelina London. Pèche est son premier roman.

Emma Glass