Fatima Daas - La Petite dernière [critique]

7/11/2020

La collection Notabilia des éditions Noir sur Blanc concentre ses choix éditoriaux sur des auteurs peu en vue et quelque peu en marge – et ce n'est pas un défaut, bien au contraire – de la littérature classique. Fatima Daas rentre donc parfaitement dans cette ligne éditoriale tant La Petite dernière, son premier roman, se démarque de ce que la littérature offre en règle générale. Un roman rythmé et déclamé – un roman fort.


Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse.


UN VENT D'AIR FRAIS

Si le slam avait un pendant en littérature, Fatima Daas en serait la fondatrice tant le rythme coule dans La Petite dernière – on ne lit pas ce roman, on entend son auteure déclamer le récit. Des phrases et des chapitres courts, des incipit de chapitre qui se répètent et qui forment des boucles musicales, Fatima Daas fait clairement une entrée en littérature fracassante avec un style innovant et furieusement moderne.

Mais le fond n'est pas en reste et est à l’avenant de la forme. Fatima Daas y explore ses difficultés à assumer une sexualité mise au ban par sa religion (elle est musulmane et lesbienne). Une religion qui la catalogue pécheresse et digne de brûler en enfer. Une religion qu'elle ne veut malgré tout pas renier, l'apostasie ne lui a jamais traversé l'esprit.

La Petite dernière est un livre profond mais un livre qui, pour moi, ne fait que souligner l'aberration et la dangerosité des religions, quelles qu'elles soient.

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Fatima Daass
La Petite dernière
20/8/2020 – Notabilia
192 pages

À Propos de l'auteur

Fatima Daas est née en 1995 à Saint-Germain-en-Laye. Ses parents, venus d'Algérie, se sont installés à Clichy-sous-Bois. Elle grandit dans la petite ville de Seine-Saint-Denis, entourée d'une famille nombreuse. Au collège, elle se rebelle, revendique le droit d'exprimer ses idées et écrit ses premiers textes. Elle se définit comme féministe intersectionnelle.

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