Fear the Walking Dead - saison 3 [décryptage]

21/10/2017


Mise en chantier pour surfer sur le succès de The Walking Dead (ne nous mentons pas), Fear the Walking Dead, dans ses deux premiers actes, n’a pas réussi à obtenir les faveurs du public (sept millions de télespectateurs perdus entre le pilote et le season finale de la saison 2). Il faut dire que le spin-off s’est lamentablement planté d’entrée de jeu sur son postulat de présenter les origines de l’épidémie qui a transformé la quasi-totalité de la population mondiale en zombies : on n’a absolument rien appris ! La série a ensuite peiné pour trouver son rythme de croisière, toujours dans l’ombre de sa grande sœur à laquelle elle est constamment comparée et dont elle essayait de s’affranchir. Fort de ce constat, le showrunner a apparemment pris la décision d’effectuer un virage à 360 degrés et de reprendre à son compte tout ce qui fonctionne chez son aînée.

Fear the Walking Dead


DE QUOI ÇA PARLE ?

À la toute fin de la saison précédente, Nick (Franck Dillane) et Luciana (Danay Garcia) tombaient en embuscade pendant que Madison (Kim Dickens), Travis (Cliff Curtis) et Alicia (Alycia Debnam Carey) étaient à leur recherche. Cette troisième saison s’ouvre sur la capture de Madison, Travis et Alicia par la milice qui retient prisonniers Nick et Luciana. La famille Clark se trouve donc de nouveau réunie. Il s’avère que cette milice a un camp de base qui se trouve être un ranch où des centaines de personnes vivent peu ou prou normalement. Madison et sa famille vont finalement prendre part à la vie dans ce ranch, mais de nombreuses menaces planent sur la communauté précaire.

Fear the Walking Dead


PUISSANCE DRAMATIQUE DÉCUPLÉE

Dès le premier épisode de cette troisième saison, le mot « fear » du titre prend enfin tout son sens : la noirceur sera de mise et rien ne sera épargné aux protagonistes. Saison beaucoup plus violente que les deux précédentes, certains épisodes se voient logiquement déconseillés au moins de 16 ans ; et effectivement, certaines scènes de ces épisodes donnent dans le gore pur et dur (évitez le pot de glace pendant le visionnage) – âmes sensibles, passez votre chemin ! Le chaos qui se dégage de la saison dès les premiers épisodes apporte un souffle nouveau et salvateur au spin-off.

Fear the Walking Dead


MOINS DE MORALE, PLUS DE ZOMBIES

Même si les marcheurs sont moins présents à l’écran et dans l’intrigue que dans The Walking Dead (l’action se déroulant au début de l’épidémie, ils sont logiquement moins nombreux), les scénaristes leur donnent malgré tout plus d’exposition que lors des précédentes saisons, et certaines scènes d’affrontement sont assez jubilatoires.

Le personnage de Madison amorce un virage malsain délectable et semble remiser peu à peu sa morale au placard, et ce au profit de la sécurité de ses enfants. Elle se montre froide et dénuée de sentiments, prête à tout pour protéger sa progéniture du monde en furie dans lequel ils vivent dorénavant, un monde où l’humanité telle que nous la connaissons a disparue.

Mais malgré ce recentrage sur Madison et ses enfants, malgré une puissance dramatique décuplée et un arc narratif beaucoup plus intéressant, la série pêche toujours d’un intérêt inégal d’un épisode à l’autre – certains sont grandioses, d’autres tout bonnement dispensables.

Mindhunter

EN RÉSUMÉ

Même si cette troisième de saison de Fear the Walking Dead est la meilleure du show d’AMC, la série n’en reste pas moins une bien pâle copie de The Walking Dead, sa grande sœur.