Flowers - saison 1 [décryptage]

30/9/2017


Écrite et réalisée par Will Sharpe (acteur anglo-japonais aperçu dans Sherlock), Flowers est une mini-série de six épisodes de vingt-cinq minutes à l’humour loufoque et acide comme les anglais en ont le secret. Incursion dans les méandres de la dépression, cette série, à la fois noire et drôle, est un bonheur à l’état pur, un bonbon acidulé qui se consomme avec délectation.

Flowers


DE QUOI ÇA PARLE ?

La famille Flowers est une famille pour le moins particulière. Le couple formé par Deborah (Olivia Colman) et Maurice (Julian Barratt), les parents, est au bord de l’implosion. Ce dernier, dépressif, ne trouve plus l’inspiration pour écrire ses livres pour enfants et semble perdu dans une vie où sa progéniture (Donald (Daniel Rigby) et Amy (Sophia Di Martino), jumeaux de 25 ans – lui est un inventeur minable et elle une musicienne introvertie) se détestent cordialement et mettent le meilleur d’eux-mêmes dans un duel quotidien d’injures et de coups bas, et où la crise de nerfs guette à chaque seconde sa femme, névrosée et hystérique. Les soupçons d’une relation homosexuelle entre son mari et Shun (Will Sharpe), son assistant japonais – et accessoirement esclave de la famille –, ne vont faire qu’aggraver l’état mental de la maîtresse de maison.

Flowers


WES ANDERSON EN FILIGRANE

Difficile de ne pas penser à Wes Anderson en regardant Flowers, tant son influence transpire de l’univers de la série. Onirisme, esthétique rétro, personnages décalés, dialogues léchés, tout ou presque (il manque les couleurs criardes) est là. Ajoutez à cela une voix-off puissante, poétique et tout en rimes, une interprétation magistrale, une direction d’acteurs remarquable, une réalisation à l’unisson de la dépression ambiante – alternance de somptueux plans larges sur la nature et de plans très serrés sur le visage des acteurs – et vous obtenez une des meilleures série de la décennie. Oui, rien que ça !

Flowers


DU RIRE AUX LARMES

Si les trois premiers épisodes installent les personnages et les enjeux de la série sur un mode loufoque, les trois derniers, tout en gardant un ton décalé, émeuvent à mesure que les relations entre les personnages se délient, que ces derniers se mettent à nu ; les sentiments, les blessures et le mal-être de chacun (la scène où Shun raconte aux éditeurs de Maurice le drame qu’il a vécu au Japon est à la fois poignante de par sa dramaturgie et drolatique du fait de l’anglais improbable du personnage) serrent le cœur et les larmes ne sont pas loin.

Flowers

EN RÉSUMÉ

Relevant finalement plus du conte que de la série, Flowers est une comédie grinçante qui a su trouver un ton personnel, original et inattendu, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs. Un pur joyau !