Jakuta Alikavazovic - L'avancée de la nuit [critique]

11/1/2018

Pourtant loin d’être une débutante – L’avancée de la nuit est son quatrième roman et elle fut auréolée du prix Goncourt du premier roman en 2008 pour Corps volatils –, Jakuta Alikavazovic vient de se voir décerné le titre de « révélation française 2017 » par le magazine Lire. Présente dans les premières sélections des Prix Medicis et Femina, l’auteure d’origine bosniaque doit se « contenter » de ce titre honorifique. Si cette distinction n’apportera pas à ce roman clair-obscur la même exposition qu’un prix littéraire de renom, gageons que cela dopera quelque peu ses ventes malgré tout. Et pour preuve : Littérature & culture s’est penché sur cet ouvrage grâce à cela !



Paul, un étudiant qui finance ses études en occupant le poste de gardien de nuit dans un hôtel, est fasciné par Amélia, l’occupante de la chambre 313. Tout chez elle est un mystère, ses allées et venues sur l’écran de surveillance comme les rumeurs qui l'entourent : un père fortuné, une mère poétesse disparue et un impétueux besoin d’indépendance...

Un soir, Amélia vient trouver Paul à la réception, point de départ d’un amour passionné. Jusqu’au jour où la jeune fille disparaît sans crier gare. Paul ignore qu’elle s’est rendue à Sarajevo à la recherche de sa mère, d’un pan inconnu de son histoire. Dix ans s’écouleront alors avant que les amants soient de nouveau réunis et que la flamme de la passion se ravive.


STYLE UNIQUE MAIS ERRATIQUE

Articulée en trois volets, cette Avancée de la nuit se démarque par le style unique de son auteure – une plume qui ne ressemble à aucune autre. Absence de dialogues, profondes introspections des personnages, alternance de phrases longues et de phrases très courtes – deux trois mots maximum –, font de la prose de Jakuta Alikavazovic une prose parfois difficile à appréhender, une prose par trop erratique. Et si d’aucuns l’encensent pour cette singularité, nul doute que d’autres seront rebutés par cette dernière.


UNE HISTOIRE PEU BANALE MAIS QUI PEINE A PASSIONNER

L’histoire d’amour qui lie Paul et Amélia, si elle n’est pas banale, se trouve cruellement dépourvue d’intérêt ; difficile de se passionner pour ces ruptures sourdes et ces retrouvailles vives. Paul est fou amoureux tandis qu’Amélia part dans les Balkans en quête de l’histoire de sa mère disparue et qu’elle a à peine connue. « J’ai autre chose à faire que d’être amoureuse » ira-t-elle-même jusqu’à dire à son amant. Ce dernier n’aura malgré tout de cesse d’aimer la jeune fille, et leurs histoires seront malgré tout liées sa vie durant, au gré des « retours » d’Amélia.

L’avancée de la nuit se trouve donc être un roman qui sort des sentiers battus, ce qui est une bonne chose, mais qui s’engage malheureusement sur des sentiers bien fades.


L'avancée de la nuit
Jakuta Alikavazovic
L'avancée de la nuit
L'olivier – 24/8/2017
288 pages
19,00 €

Jakuta Alikavazovic

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