Jay Martel - Prime Time [critique]

7/4/2018

Scénariste, dramaturge, producteur et journaliste, Jay Martel vit à Los Angeles. Scénariste régulier de la chaine Comedy Central, il a également collaboré avec Michael Moore pour le film Palme d’or à Cannes en 2004, à savoir Fahrenheit 9/11. En tant que journaliste, Jay Martel a rédigé des articles pour les prestigieux magazines américains que sont The New Yorker, GQ, Vogue ou encore Rolling Stone. Lorsqu’il décide de se lancer en littérature, cela donne Prime Time, un roman hilarant qui se déroule dans l’univers un peu fou mais très inventif d’une télé-réalité intergalactique. Et qui mieux en France que les éditions Super 8, chantre des récits décalés, pour publier cet ouvrage ?


La Terre a été créée par des extraterrestres afin de leur servir de divertissement en étant le théâtre d'une de leurs nombreuses émissions de télé-réalité. Lorsque les audiences de Channel Blue commencent à s'éroder, les producteurs de l'émission décident d'arrêter les frais et de programmer la destruction de la Terre afin de doper l'audimat avant de fermer définitivement Galaxy Entertainment – la boîte de production chargée des programmes terrestres – et de se consacrer à d'autres prograplanètes. Bien malgré lui, Perry Bunt, looser patenté, va se retrouver au fait de la réalité et va être le seul capable de mettre à mal l'extermination programmée de ses sept milliards de concitoyens, aidé dans sa tâche par Amanda, la productrice de l'émission originaire de la planète Eden qui, à son grand étonnement, s'est prise d'affection (voire plus) pour cet être inférieur. Vont-ils y parvenir ?


MARS ATTACK !

Au premier abord, ce roman fleure bon le récit de science-fiction décalé et hilarant ; et il l'est. Les péripéties infligées à son personnage principal par Jay Martel sont rocambolesques et arrachent au lecteur des rictus et des rires francs. Le récit est merveilleusement bien ficelé et l’on est absorbé par les déboires de Perry Bunt dans sa quête parsemée d'embûches pour sauver le monde. L'histoire va de trouvaille scénaristique en trouvaille scénaristique et l’on se retrouve de nombreuses fois admiratif devant tant d'idées de génie – quel talent !

Mais, entre les lignes, l'auteur nous sert une critique acerbe du genre humain, de ce peuple belliqueux, égocentrique, égoïste, vénal, et qui est en train de mener le monde à sa propre perte. L'œil extérieur des extraterrestres n'est qu'un prétexte pour remettre en cause certains traits de personnalité propres à notre espèce, et la critique de l'auteur se fond talentueusement dans son récit fictionnel. Du grand art !

Ce roman est une réussite totale, une petite pépite qu'il faut absolument lire.


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Prime Time
Jay Martel
Prime Time
Super 8 éditions – 12/3/2015
480 pages

Jay martel
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