Jules Verne - Vingt mille lieues sous les mers [critique]

11/4/2018

Jules Verne se démarque de ses collègues écrivains du XIXe siècle en proposant des romans d’aventures ou d’anticipation, alors que cette époque était plutôt tournée vers le Réalisme et le Romantisme. Le français intégrait également bon nombre de données scientifiques dans ses ouvrages, contribuant ainsi à leur vulgarisation. Bien lui en a pris puisque, selon l’Index Translationum (un index des traductions géré par l’UNESCO), Jules Verne est aujourd’hui le deuxième auteur le plus traduit, juste derrière Agatha Christie ; ceci n’a rien d’étonnant vu que la plupart de ses romans sont de très bonne facture. Cependant, la réputation de certains d’entre eux semble surfaite – c’est le cas de Vingt mille lieues sous les mers, un roman indigeste.


En 1866, l’apparition d’une bête monstrueuse dans plusieurs mers du globe défraie la chronique. Fusiforme et rapide, la créature est responsable de plusieurs naufrages, brisant le bois des navires avec une force colossale. Les compagnies d’assurances maritimes réclament la mort de la bête, faute de quoi elles se verraient contraintes d’augmenter leurs tarifs afin de couvrir la hausse des risques. Une expédition de grande envergure est alors montée pour traquer et tuer le monstre ; Pierre Arronax, professeur au Muséum national d’histoire naturelle est de celle-ci, accompagné par Conseil, son  fidèle domestique.

Après des mois de navigation, la confrontation avec le monstre a enfin lieu. Ce dernier endommage la frégate et, lors d’un choc entre le bateau et l’animal, le professeur et son domestique sont projetés sur le dos de la bête, qui s’avère en fait être un sous-marin en tôle armée. Ils sont faits prisonniers et se retrouvent à bord du mystérieux appareil où ils font la connaissance de l’énigmatique capitaine Nemo, qui refuse de leur rendre la liberté.


VINGT MILLE LIEUES D’ENNUI

Disons-le sans ambages, si d'aucuns considèrent Vingt mille lieues sous les mers comme un chef-d’œuvre, sa lecture s’avère cependant être un véritable pensum. Pourtant, l'univers scientifique et visionnaire de Jules Verne est d’habitude passionnant. Mais là, les aventures du professeur Aronnax (non, le capitaine Nemo n'est pas le personnage principal du roman, juste le plus connu) ont toutes les peines du monde à susciter un quelconque intérêt, ces aventures étant noyées dans un fatras d'énumérations scientifiques interminables et imbuvables.

Pourtant, la vulgarisation est la marque de fabrique de Jules Verne et fonctionne parfaitement dans ses autres romans. Mais trop de vulgarisation tue la vulgarisation et, si la plupart des ouvrages de Jules Verne sont concis, celui-ci se trouve être bien trop long. Qui plus est, ne sachant jamais le pourquoi du comment, l'intrigue est, pour ainsi dire, insignifiante – à l'image de son dénouement qui est à l'avenant du récit, fade et sans grand intérêt.

Vingt mille lieues sous les mers est donc une énorme déception. La faute à un récit par trop didactique qui, en lieu et place du plaisir que son élogieuse réputation fait miroiter, transporte le lecteur d'ennui.


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