Marcel Proust - À l'ombre des jeunes filles en fleurs [critique]

18/8/2019

Il y a cent ans tout juste, en 1919, le 10 décembre (le jour de mon anniversaire – un signe), Marcel Proust recevait le prix Goncourt pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs, le second tome de À la recherche du temps perdu ; dans le même temps, la gloire succédait à ce qui n'était encore qu'une simple renommée. Paru en juin de la même année, soit six ans après Du côté de chez Swann, guerre oblige, ce second tome confirme tout ce qui a été entrevu dans le premier, et la naissance sous nos yeux de l'une des plus grandes œuvres de la littérature française à quelque chose de confinant à l'extase.


Maintenant adolescent, le narrateur continue de fréquenter Gilberte Swann et se trouve introduit auprès de ses parents grâce auxquels il rencontre bientôt l'écrivain Bergotte. Parvenu à une indifférence presque complète à l'égard de Gilberte, il accompagne sa grand-mère à Balbec, sur la côte normande, où il fait la connaissance de  Saint-Loup et de son oncle Charlus, mais surtout découvre le charme des jeunes filles en fleurs, celles de la « petite bande » qu'il aperçoit un jour, de l'autre bout de la digue. À l'ombre des jeunes filles en fleurs marque une nouvelle étape dans le formation sentimentale du narrateur, mais aussi dans sa formation artistique : outre Bergotte, il rencontre le peintre Elstir, et la vocation littéraire qu'il avait ressentie lors des promenades à Combray est reconnue par sa famille.


À L'OMBRE D'UN CHEF-D'ŒUVRE

Dans ce second tome, Marcel Proust continue à explorer le sentiment amoureux, de sa naissance à son évanouissement (rappelons que l'auteur a longtemps songé pour son roman au titre général de Intermittences du cœur, qu'il a conservé pour une section de Sodome et Gomorrhe) ; il décrit donc de manière absolument magistrale le déclin et le trépas des sentiments du narrateur pour Gilberte Swann et le seuil de ceux qu'il va éprouver pour Albertine Simonet, rencontrée lors de son séjour à Balbec, station balnéaire normande où le jeune homme va séjourner avec sa grand-mère dans la seconde partie du roman. Il y fera également la connaissance du marquis de Saint-Loup-en-Bray, une rencontre qui donnera certaines des meilleures pages du récit.

Difficile de résumer À l'ombre des jeunes filles en fleurs en quelques lignes, tant ce roman est foisonnant. Un roman certes verbeux et jonché de phrases complexes (Marcel Proust, quoi !), mais un roman ô combien jouissif.


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À l'ombre des jeunes filles en fleurs
Marcel Proust
À l'ombre des jeunes filles en fleurs
1919 - Gallimard
672 pages

À Propos de l'auteur

Marcel Proust, né à Paris le 10 juillet 1871 et mort à Paris le 18 novembre 1922, est un écrivain français, dont l'œuvre principale est une suite romanesque intitulée À la recherche du temps perdu, publiée de 1913 à 1927. À l'ombre des jeunes filles en fleurs, le second tome de cette suite romanesque, obtient le prix Goncourt en 1919.

Marcel Proust meurt épuisé, le 18 novembre 1922, d'une bronchite mal soignée : il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, accompagné par une assistance nombreuse qui salue un écrivain d'importance que les générations suivantes placeront au plus haut en faisant de lui un véritable mythe littéraire.

Marcel Proust