Maxime Chattam - Le Signal [critique]

31/12/2018

Les années passent et le succès littéraire de Maxime Chattam ne se dément pas, au grand dam de certains et pour le plus grand bonheur d’autres. Le Signal, son vingt-cinquième roman, ne déroge pas à la règle et caracole en tête du classement des meilleures ventes de livres depuis sa sortie. Valeur sûre pour son éditeur, ce dernier a mis les petits plats dans les grands et offre à ses lecteurs un bien bel objet à tenir en main. Mais le contenu est-il à l’avenant du contenant, agréable et intriguant ? Hélas, pas tout à fait.


La famille Spencer vient de quitter l'agitation New-Yorkaise pour s'installer dans la pasaible bourgade de Mahingan Falls. Enfin, paisible, jusqu'à ce que de mystérieux et inquiétants phénomènes commencent à se produire...

MAXIME KING

Lorsqu’un livre vous est offert par une personne que vous chérissez comme la prunelle de vos yeux, sa lecture est toujours des plus agréables puisque cette personne vous accompagne en pensée tout au long de votre voyage romanesque. Et quand ledit roman se trouve être un pavé de plus de sept cent pages, cette présence vous habite un long moment, pour votre plus grande joie. Mais quand vient l’heure d’écrire la critique de cet ouvrage particulier à vos yeux, il n’est pas aisé de se départir de cet état second pour devenir objectif. C’est pourtant ce que je vais m’efforcer de faire dans les paragraphes suivants, laissant de côté toute la subjectivité corollaire de ce présent pour analyser ce Signal avec impartialité.

La première chose qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai refermé Le Signal est que, pour la première fois dans son œuvre, Maxime Chattam a lorgné du côté du maître américain du genre horrifique, le bien nommé Stephen King. Et ce, pour le meilleur comme pour le pire. Pour le meilleur citons les personnages fouillés, le final époustouflant, l’instillation subreptice de la peur et l’imagination débordante. Quant au pire, notons tout particulièrement l’extrême lenteur de la mise en place et les digressions dispensables (et pourtant Dieu – qui n’existe pas – sait que j’aime les digressions !).


UN TALENT QUI N’EST PLUS À PROUVER

Maxima Chattam maîtrise par contre à la perfection toutes les ficelles narratives permettant à son récit de tenir le lecteur en haleine, ce n’est plus une découverte. Sa plume alerte et vive sert parfaitement son propos et, si l’auteur n’évite pas quelques clichés inhérents au genre, le canevas de l’intrigue est plutôt bien pensé, même si on devine que Maxime Chattam et dû regarder – et apprécier – Stranger Things, l’excellente série Netflix.

Au final, et comme pour de nombreux romans de Stephen King, Le Signal aurait pu être très bon s’il avait été élagué, mais il se trouve être, en définitive, juste plaisant. Maxime Chattam, bien meilleur lorsqu’il navigue dans son propre univers, nous a habitué à mieux.


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Le Signal
Maxime Chattam
Le Signal
Albin Michel – 24/10/2018
752 pages

À Propos de l'auteur

Né le 19 février 1976 à Herblay, dans le Val-d’Oise, Maxime Chattam fait au cours de son enfance de fréquents séjours aux États-Unis, à New York, à Denver, et surtout à Portland (Oregon), qui devient le cadre de L’âme du mal. Il suit le Cours Simon à Paris en parallèle de ses études. Après le bac, petits boulots, Lettres Modernes à la fac.

En 1999, Maxime écrit le Cinquième règne (qu’il ne soumet à aucun éditeur). Il devient libraire ce qui lui permet d’en savoir plus sur le monde de l’édition. Il s’inscrit également aux cours de criminologie dispensés par l’université Saint-Denis.

Maxime Chattam