Mindy Mejia - Qui je suis [critique]

6/3/2018

Le thriller étant l’un des genres littéraires les plus vendeurs, les éditeurs, attirés par les retombées financières mirobolantes que leur assurerait un succès tel que ceux de Les Apparences de Gillian Flynn ou La Fille du train de Paula Hawkins (des millions d’exemplaires vendus à travers le monde), publient des romans se réclamant de ce genre à tour de bras. L’effet pervers de cette surproduction est que la qualité est loin d’être toujours au rendez-vous et que se plonger dans la lecture d’un thriller s’apparente à jouer à la roulette russe : tomber sur la pépite est rare. Si les éditions Mazarine avaient réussi leur coup l’année passée avec La Fille d’avant de J.P. Delaney, un thriller passionnant, elles se sont malheureusement fourvoyées avec leur dernière parution. Qui je suis est un roman qui ne tient jamais le lecteur en haleine, malgré toute la bonne volonté de son auteure.


Hattie Hoffman est une jeune lycéenne brillante ; assidue et studieuse, elle fait le bonheur de ses parents et de ses professeurs. Aussi, lorsque le corps de l’adolescente est retrouvé sans vie à l’écart de la ville dans une grange lacustre abandonnée, le choc est retentissant dans la bourgade de Pine Valley. Qui a bien pu s’acharner ainsi sur une jeune fille apparemment sans histoire au point de la défigurer, post-mortem, à coups de couteau ? Mais les apparences sont parfois trompeuses et l’enquête policière va mettre à jour les noirs secrets de Hattie Hoffman. 


RÉCIT ERRATIQUE

Les romans utilisant des narrateurs multiples et se déroulant sur plusieurs époques ayant le vent en poupe, Mindy Mejia s’est emparée de ce procédé en vogue pour construire son récit. Qui je suis utilise donc les voix de Hattie, Peter (un des professeurs de la jeune fille) et Del (le shérif du comté en charge de l’enquête) et alterne les paragraphes se déroulant dans le passé (Hattie et Peter) avec ceux prenant place au présent (Del et Peter également) ; la voix de Hattie servant bien souvent à détailler les découvertes faites par le shérif lors de ses investigations.

Malheureusement, ces incessants va-et-vient temporels qui font pourtant le sel de certains thrillers, apparaissent ici comme un vain effet de manche. Si les faits se déroulant avant la mort de Hattie servent le récit et sont dignes d’intérêt, ceux se déroulant après la découverte du cadavre se révèlent fort peu intéressants – exception faite du dénouement de l’intrigue et de la révélation de l’identité du tueur.

Qui je suis est donc un roman qui surfe sur la vague mais qui se fait inexorablement avaler par cette dernière. 







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Couverture Qui je suis
Mindy Mejia
Qui je suis
Mazarine – 21/3/2018
400 pages
22,00 €

Mindy Mejia
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