Narcos - saison 3 [décryptage]

13/9/2017


Après deux premières saisons excellentes à tout point de vue, Narcos est de retour sur Netflix pour un troisième chapitre. Et une grande question taraude le téléspectateur à l’heure de démarrer le visionnage du premier de ces dix nouveaux épisodes : la série va-t-elle réussir sa mue post Escobar ? Car il faut bien l’avouer, dans les deux premières saisons, le baron de la drogue, quasiment de tous les plans, portait la série sur ses épaules.


DE QUOI ÇA PARLE ?

La cavale de Pablo Escobar a pris fin sur un toit de Medellín, le fief du célèbre narcotrafiquant. Mais sa mort ne signifie pas la fin des cartels et la Colombie et ses alliés américains de la DEA n’en ont pas fini avec le trafic de cocaïne pour autant. Le roi est mort, vive le roi ! Et les nouveaux barons de la drogue sont désormais les associés du cartel de Cali, celui-là même qui a aidé les autorités colombiennes à éliminer Pablo Escobar en les renseignant sur sa localisation. Son binôme rentré aux États-Unis, Javier Peña (Pedro Pascal, parfait), désormais responsable de la délégation de la DEA en Colombie, organise seul la traque des têtes pensantes du cartel de Cali afin de le démanteler.


LA MÊME RECETTE

Si l’intrigue aborde un tournant suite à la mort de Pablo Escobar à la fin de la saison 2, les recettes narratives, pour leur part, restent les mêmes : images d’archives ancrant la fiction dans la réalité, 80% des dialogues en espagnol pour plus de réalisme, réalisation rythmée au service de l’intrigue (de nombreuses scènes filmées à l’épaule qui immergent le téléspectateur dans l’action), multiples interludes salsa qui colorent la série en mettant l’accent sur le lieu où l’action se situe, acteurs cultivant la ressemblance avec les personnages réels qu’ils incarnent – la série s’apprécie beaucoup pour ses qualités documentaires.


CHANGEMENT DE NARRATEUR

Un des principaux changements de cette nouvelle saison est la promotion du personnage de Javier Peña au rang de narrateur de la série. Et c’est une très bonne idée ! Cet être torturé qui s’acharne à mener une guerre impossible à gagner est l’un des atouts de ce troisième chapitre, au même titre que Jorge Salcedo, un des nouveaux personnages. Responsable de la sécurité des patrons du cartel de Cali, ce dernier aspire à se ranger mais ses patrons ne l’entendent pas de cette oreille et n’acceptent pas sa démission – il va alors aider la DEA à mettre à terre le cartel afin de pouvoir retrouver sa liberté.

Les antagonistes, eux, peinent à atteindre le charisme de Pablo Escobar et la série perd un peu d’intensité historique avec la disparition de ce dernier (le cartel de Cali est bien moins célèbre que El Patrón). Cependant, le manque disparait dès les premiers épisodes et Narcos reste une des meilleures séries du moment.

EN RÉSUMÉ

Les scénaristes de Narcos ont brillamment relevé le défi de garder intact l’intérêt de la série malgré la disparition de Pablo Escobar, personnage omnipotent et charismatique des deux premières saisons.