Nathan Hill - Les Fantômes du vieux pays [critique]

26/9/2017

Premier roman de son auteur, Les Fantômes du vieux pays a gagné le L.A. Times Book prize for first fiction, prix américain récompensant, comme son nom l’indique, un premier roman de fiction. Publié dans trente pays à travers le monde, ce sont les éditions Gallimard qui ont acquis les droits pour la France. Nathan Hill – que l’on compare déjà à John Irving ou Charles Dickens – débarque donc chez nous en cette rentrée littéraire 2017 et, au vu de ses nombreuses qualités, gageons que son ouvrage va faire parler de lui dans nos contrées.


Samuel n’a plus de nouvelles de sa mère depuis qu’elle a lâchement quitté le domicile conjugal alors qu’il était âgé de seulement onze ans. Bien des années plus tard, cette dernière agresse le gouverneur Packer, candidat à la présidence des États-Unis, et réapparait ainsi fortuitement dans la vie de son fils, les médias ne parlant plus que de l’acte commis par cette femme d’âge mûr. Au même moment, l’éditeur de Samuel le menace de le poursuivre en justice à cause d’un roman qu’il n’a jamais écrit et qui lui a pourtant valu une coquette avance. Pour s’en sortir, le jeune homme propose à son éditeur d’écrire un livre à charge sur sa mère, la coqueluche des médias – la reconstitution du passé de sa génitrice va alors conduire Samuel de surprises en surprises, au travers de l’histoire de son pays.


UN LONG PROCESSUS D'ÉCRITURE

Dix ans, c’est le temps qu’il a fallu à Nathan Hill pour venir à bout de son premier roman, un ouvrage dense qu’il a pris le temps de peaufiner afin d’aboutir à un résultat à la hauteur de son ambition. Car, de son propre aveu, l’auteur américain ne voulait pas être un simple écrivain parmi les autres, non : il aspirait à devenir un grand écrivain – ce qu’il est sans nul doute. La richesse de son roman, la grâce de son style, la profondeur de ses personnages, la construction épique de son récit, l’acuité et la lucidité de son regard sur son pays, autant de qualités qui font dire que Nathan Hill a atteint son objectif et que Les Fantômes du vieux pays est assurément l’un des titres événements de cette rentrée littéraire.


ALTERNANCE TEMPORELLE

Découpé en dix parties qui alternent les époques et les protagonistes, Les Fantômes du vieux pays est une grande fresque (700 pages) qui prend le temps de dire les choses ; chaque digression se révèle en fait être un fil ajouté à l’histoire, palpitante, de Samuel et de sa mère. Nathan Hill parvient brillamment à captiver le lecteur en gardant toujours intact l’intérêt du récit grâce à des ambiances parfaitement retranscrites, à des personnages fouillés qu’il prend le temps de développer, à un sens du dialogue exacerbé et à un humour savamment distillé.

Un roman passionnant jusque dans ses digressions – et pour ça, Nathan Hill mérite amplement la comparaison avec John Irving – qui laisse augurer à son auteur un avenir radieux et, pour le plus grand bonheur de nous autres lecteurs, une œuvre au-dessus du lot, à l’image de son illustre et talentueux aîné.


Les Fantômes du vieux pays
Nathan Hill
Les Fantômes du vieux pays
Gallimard - 17/8/2017
720 pages
25,00 €

Nathan Hill
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