Nobel - saison 1 [décryptage]

18/9/2017


En ce mois de septembre, Canal+ propose à ses téléspectateurs de découvrir Nobel, une série norvégienne. Les séries autres que françaises ou anglo–saxonnes ayant peu de visibilité dans le paysage audiovisuel français, il convient de saluer l’initiative de la chaîne à péage, toujours à la recherche de produits de qualités à proposer à ses abonnés. Et s’il est un domaine où cette dernière tire son épingle du jeu, c’est bien dans celui des séries – on ne compte plus les petites pépites diffusées par la chaîne. Fidèle à sa réputation, elle a trouvé avec Nobel de quoi alimenter son catalogue de choix.


DE QUOI ÇA PARLE ?

Les soldats des forces spéciales norvégiennes basés en Afghanistan assurent au quotidien la sécurité des citoyens de ce pays en guerre. De retour à Oslo pour une permission, Erling Riiser (Aksel Hennie, aperçu récemment dans Seul sur Mars) l’un des membres de l’unité militaire d’élite norvégienne, retrouve sa famille et reprend ses marques loin du conflit armé. Peu après son retour, tandis qu’il assiste avec son épouse à un gala officiel, il reçoit un SMS de son chef de mission lui indiquant que Sharif Samani, l’une des cibles prioritaires du gouvernement norvégien en Afghanistan, se trouve à Oslo, non loin d’où il se trouve, et lui demande de l’intercepter. Tombant sur ce dernier en train de battre à mort sa femme, Erling Riiser n’a alors d’autre choix que de le tuer. Très vite, le soldat va se rendre compte que le SMS qu'il a reçu n’émanait pas de son chef de mission et que quelqu’un l’a manipulé afin qu’il tue le ressortissant Afghan. Mais qui ? Et surtout, pourquoi ?


LA PAIX A TOUJOURS UN PRIX

Loin de tout manichéisme invraisemblable qui annihilerait toute sa crédibilité, Nobel met en place un mystérieux complot politique qui prend place dans une intrigue à la narration complexe mais captivante. Alternant intelligemment les allers-retours temporels entre le présent en Norvège et les opérations militaires en Afghanistan quelques semaines plus tôt (dans des scènes hyperréalistes qui interrogent le métier de soldat, les tiraillements entre vie privée/vie sur le terrain et le bien-fondé des interventions militaires), la série dépeint sans complaisance le monde de la realpolitik. La paix a toujours un prix, voilà la leçon à retenir de Nobel.


UN GENRE NOUVEAU

Nobel peut être qualifiée de thriller d’espionnage et de guerre et, en cela, prétendre représenter un nouveau genre. Cette série ambitieuse réussit en tout cas le mélange des genres : ce n’est pas un hasard si elle a reçu le prix Europa de la meilleure série européenne en 2016. Mais malgré ses indéniables qualités, la série souffre d’un défaut majeur : sa réalisation dans les plans fixes. En effet, lors de ces derniers, la caméra n’arrête pas de bouger, de zoomer et de dézoomer de manière incohérente. Si les zooms sont parfois maladroits mais ne représentent finalement pas un défaut à proprement parler mais plus un choix du réalisateur, les mouvements de caméra erratiques sont beaucoup plus gênants. L’utilisation d’un trépied pour stabiliser ce genre de plan n’aurait pas été un luxe.

EN RÉSUMÉ

Si l’intrigue de Nobel est prenante, la qualité de la série est quelque peu altérée par la réalisation pas toujours au niveau, notamment du fait de ces mouvements de caméra erratiques qui finissent par lasser le téléspectateur.