Ozark - saison1 [décryptage]

07/09/2017


Netflix continue la création de contenus originaux et propose, depuis le 21 juillet, la première saison de Ozark. Cette série dramatique sur fond de toile mafieuse tranche singulièrement avec ce que la plateforme a pu produire jusqu’ici. Résolument noire et portée par un Jason Bateman qui n’a jamais été aussi bon, elle a tout pour se faire une place au soleil dans le catalogue du leader mondial de la VOD par abonnement.


DE QUOI ÇA PARLE ?

Conseiller financier à Chicago, Marty Byrde découvre coup sur coup que sa femme le trompe et que son associé détourne une partie de l’argent qu’ils blanchissent pour le compte d’un cartel mexicain. Lorsque ce dernier s’en rend compte et qu’il abat froidement son partenaire sous ses yeux, Marty Byrde n’a d’autre choix que celui de négocier un arrangement avec les mexicains pour sauver sa peau et celle de sa famille. Il part alors s’installer à Ozark, sur les rives du Missouri, où le cartel lui octroie un délai de quelques mois pour blanchir cinq millions de dollars, faute de quoi Marty et sa famille seront abattus.


RÔLE À CONTRE-EMPLOI

Abonné jusqu’ici aux comédies potaches, Jason Bateman trouve avec le personnage de ce père de famille prêt à tout pour sauver sa famille de la situation dangereuse dans laquelle ses activités illégales l’ont plongé, un rôle sombre où son talent explose à la face du monde ; sa prestation est d’une justesse rare et son talent éclabousse l’écran. Il va désormais pouvoir être considéré comme un acteur « sérieux », ce qu’il mérite amplement au vu de sa composition sans-faute. L’ensemble du casting est d’ailleurs à l’aise et talentueux.


PHOTOGRAPHIE ET RÉALISATION AUX PETITS OIGNONS

Ozark peut compter sur une photographie et une réalisation installant parfaitement l’ambiance délétère de l’intrigue (Jason Bateman a d’ailleurs réalisé lui-même les deux premiers et les deux derniers épisodes de la saison, prouvant par là même qu’il est aussi doué devant que derrière la caméra). Tandis que la photographie installe des ambiances lourdes et pesantes, la réalisation audacieuse souligne ce climat malsain à la perfection. La combinaison des deux plonge le téléspectateur au cœur de la course contre-la-montre à laquelle doit faire face le personnage principal qui sait pertinemment que, s’il ne bat pas le chronomètre, c’est la mort qui l’attend au tournant, lui et sa famille.


UN MINIMUM D’ACTION, UN MAXIMUM DE TENSION

Vous l’aurez compris, nous n’avons pas affaire ici à une série où l’action est de mise : Ozark penche plutôt du côté de la tension avec son intrigue tendue comme un string. Si cela s’avèrera rédhibitoire pour les adeptes de courses-poursuites, de punchlines ou autres effets pyrotechniques, les amateurs d’introspection, de plans fixes et d’ambiances toxiques seront, eux, au contraire ravis.

EN RÉSUMÉ

Si Ozark ne rivalise pas avec les meilleures séries de gangsters que sont, par exemple, The AmericansBreaking Bad ou encore Les Soprano, elle ne démérite pas pour autant et se regarde avec un réel plaisir.