Rob Hart - MotherCloud [critique]

13/7/2020

Les GAFA font trembler les gouvernements du monde entier, rompus qu’ils sont à imposer ce qu’ils veulent à ces derniers. Ces sociétés sont accusées de tous les maux et notamment, pour Amazon, d’être à l’origine du déclin de nombreux commerces traditionnels ainsi que d’exploiter sans vergogne ses employés en leur demandant une productivité maximale au détriment des règles de bases de bien-être au travail. Et il est difficile de ne pas penser à la société créée et dirigée par Jeff Bezos en lisant MotherCloud, le nouveau roman de Rob Hart – un roman d’anticipation qui, s’il n’est pas désagréable à lire, s’avère néanmoins un tantinet prétentieux en se réclamant de 1984 ou bien encore de Fahrenheit 451.


Ruiné par Cloud, une entreprise qui régit la quasi-totalité du commerce mondial, c’est la mort dans l’âme que Paxton intègre une unité MotherCloud. Mais, dans un monde où la pauvreté est extrême et le climat de plus en plus délétère, il n’est pas en mesure de refuser un job qui lui offrira non seulement un salaire, mais également un toit et à manger.

Dans le même temps, Zinnia rejoint la même unité MotherCloud mais pour une toute autre raison : la jeune femme infiltre le système pour en percer les secrets et le détruire. Elle veut aider à combattre ces complexes de la taille d’une ville où tout est calculé, paramétré, surveillé, des complexes où l’individu n’est qu’un algorithme et où l’humain disparaît au profit de la rentabilité.

Le destin de ces deux personnes que tout oppose va pourtant les rapprocher.

LES MÉFAITS DE LA DIGITALISATION À OUTRANCE

La dystopie est un genre littéraire que j’affectionne tout particulièrement en raison de sa propension à imaginer des mondes dans lesquelles nous pourrions facilement basculer si nous ne faisions pas attention. En cela, ce sont des romans utiles qui permettent de garder les sens des lecteurs en alerte afin que ces derniers puissent faire en sorte que le basculement n’ait pas lieu et que nous puissions continuer à vivre dans un monde relativement calme et libre. Relativement car il y aurait bien évidemment des nuances à apporter, mais ce n’est pas le sujet de ce papier.

Aussi, lorsque j’ai appris que Rob Hart – un auteur que je découvre avec ce roman – avait écrit une dystopie ayant pour cadre un monde où la digitalisation à outrance n’a laissé qu’un seul acteur dans le commerce mondial, un commerce qui est d’ailleurs un e-commerce, les gens ne sortant plus de chez eux à la suite d’émeutes sanglantes survenues dans des magasins quelques années plus tôt, je me suis rapidement laissé convaincre.

Soyons clair dès le début : MotherCloud ne restera pas dans les annales du genre. Cela étant, le roman se laisse lire et les travers qu’il dénonce sont source de réflexion – deux points qui font de cet ouvrage un livre qui sera un compagnon parfait à votre été. À noter que le roman va être prochainement adapté au cinéma par Ron Howard et que cela devrait donner naissance à un blockbuster rythmé comme le cinéaste à l'habitude de proposer !


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MotherCloud
Belfond Noir – 5/3/2020
416 pages

À Propos de l'auteur

Éditeur de romans noirs, directeur de communication politique, conseiller municipal de la ville de New York, le trentenaire Rob Hart est un hyperactif. Auteur d’une série policière et coauteur d’un roman avec James Patterson, il a également publié des nouvelles dans de nombreuses revues de littérature suspense.

Rob Hart vit à Staten Island avec sa femme et leur fille. 

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