SMILF - saison 1 [décryptage]

31/1/2018


Avant de devenir une série, SMILF – acronyme de « Single Mother I’d Like to Fuck », soit, dans la langue de Molière, « Mère célibataire que je baiserais bien », et non « que je me ferais bien », comme de nombreux sites pudibonds le traduisent –, SMILF, donc, avant de devenir une série, fut d’abord un court-métrage primé au festival de Sundance en 2015. Devant le succès rencontré par sa pastille de neuf minutes, Frankie Shaw, actrice-réalisatrice-scénariste, a décidé de transformer l’essai en série, épaulée par la chaîne à péage Showtime, grande spécialiste des séries à succès outre-Atlantique. Et si le portrait de cette mère célibataire et précaire qui tente de retrouver une vie (sexuelle mais pas que) normale se révèle plaisant à regarder, il lui manque cependant un peu de substance pour pouvoir passionner complètement. 

SMILF - saison 1


DE QUOI ÇA PARLE ?

Mère célibataire et démunie, Bridgette Bird (Frankie Shaw) vit dans un deux pièces minable de Boston où elle partage l’unique lit avec son fils de deux ans. Bien décidée à reprendre sa vie en main à tous les niveaux (son accouchement a ruiné sa vie sexuelle et sociale), elle tente de joindre les deux bouts en étant tutrice pour les enfants d’une famille riche et cherche en parallèle à devenir actrice. Mais, abusée par son père alors qu’elle n’était qu’une enfant, rien n’est facile pour cette femme torturée et à côté de la plaque.

SMILF - saison 1


JOYEUX MERDIER

Précédée d’un parfum de scandale venu de la très puritaine Amérique, SMILF ne choquera pas le téléspectateur français, beaucoup moins prude que celui installé devant sa télé 4K 75’’ de l’autre côté de l’Atlantique. L’humour est certes parfois gras, les scènes de sexe nombreuses et crues et l’ambiance générale plutôt trash, mais, somme toute, rien de bien choquant. La série se démarque surtout pas son côté foutraque : elle change sans cesse de tonalité, passant d’un fantasme à une émotion crue, d’un fou rire à une angoisse. C’est à la fois sa force et sa faiblesse.

SMILF - saison 1


UNE SÉRIE EN DEMI-TEINTE

Car en dépit de ses qualités (l’interprétation et la réalisation, notamment), SMILF pêche par excès de spontanéité. Bridgette est primesautière et le rythme de la série l’est donc également, comme évoqué dans le paragraphe précédent. Du coup, Frankie Shaw perd un peu en route ses enjeux dramatiques et ses personnages (certains disparaissent pendant plusieurs épisodes avant de pointer à nouveau le bout de leur nez comme un cheveu sur la soupe), et, par la même occasion, elle perd un peu le téléspectateur qui n’a pas le temps de faire preuve d’empathie pour les personnages.

SMILF - saison 1

EN RÉSUMÉ

Plus convaincante dans l’émotion que dans l’humour, SMILF peine à trouver le bon équilibre et se perd un peu dans une narration décousue. Une série sympa mais sans plus.