Stephen King - L'Institut [critique]

4/2/2020

Stephen King est un auteur dont l’imagination semble intarissable : quand d’autres espacent leurs publications de plusieurs années, le maître de l’horreur propose à ses lecteurs un nouveau roman quasiment tous les ans. L’auteur américain débarque donc dans les librairies françaises en ce début d’année avec L’Institut, quasiment un an jour pour jour après avoir dévoilé L’Outsider. Et comme à son habitude, Stephen King nous livre un récit tout à la foi foisonnant et hypnotique.


Lorsque Tim Jamieson descend de l’avion qui devait le conduire à New-York pour laisser sa place à un agent fédéral, il ne se doute pas une seconde des conséquences qu’auront cette décision d’apparence anodine. Son installation dans la petite bourgade de Dupray, sa rencontre avec Wendy, l’assistante du shérif, et surtout celle avec Luke, un enfant doté de pouvoirs psychiques qui s’est évadé d’un institut interlope qui réalise des expériences sur des enfants télépathes ou faisant état de dons pour la télékinésie. Les personnes gérant cet institut sont prêtes à tout pour récupérer Luke avant qu’il ne révèle au monde ce qu’il a vécu. Et par tous les moyens.


LE POUVOIR DE LA PENSÉE

J'utilise souvent le sobriquet de « maître de l'horreur » pour parler de Stephen King dans mes critiques, pourtant ce surnom est réducteur. Si, en effet, l'auteur américain a écrit quelqu'uns des romans les plus horrifique du XXe siècle (Carrie ou Cujo, pour ne citer que ces deux-là), ses œuvres sont en général plus glaçantes que flippantes – la nuance est de taille.

L'Institut est de cette veine glaçante. Vous ne trouverez pas d'horreur à l'état pur dans ce roman, pas de sang (très peu, en tout cas), mais une torture morale à la limite de l'insoutenable. Comment rester de marbre en lisant ce que les employés de l'institut font subir à leurs jeunes pensionnaires ? C'est tout bonnement impossible.

Comme à son habitude, Stephen King développe une intrigue riche aux personnages ciselés et parvient à nous tenir en haleine au point de ne pas voir défiler les 600 pages du roman. Pour une fois l'histoire n'est pas trop longue à décoller (je trouve que les années passant, Stephen King rentre plus rapidement dans le vif du sujet – fini les développements trop longs comme dans Salem ou Shining) et l'auteur nous emporte relativement vite dans le nœud de l'intrigue. Malgré cela, tout en étant un roman qui colle aux mains et plaisant à lire, L'Institut ne fait pas partie, pour moi, des meilleurs ouvrages de Stephen King comme j'ai pu le lire ici ou là.


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l_institut
Stephen King
L'Institut
29/1/2020 - Albin Michel
608 pages

À Propos de l'auteur

Né le 21 septembre 1947 à Portland (Maine), Stephen King a publié son premier roman en 1974. Il est rapidement devenu célèbre pour ses contributions dans le domaine de l'horreur. L'auteur ne se cantonne cependant pas à ce genre et il a écrit de nombreux romans policiers ainsi que des thrillers. Écrivain prolifique, il a écrit plus de cinquante romans et pas moins de deux cents nouvelles.

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