Stranger Things - saison 2 [décryptage]

6/11/2017


Après le carton de la saison 1, Netflix a mis à disposition sur sa plateforme, il y a quelques jours, la deuxième saison tant attendue de Stranger Things. Et là encore, le succès est au rendez-vous : après seulement trois jours, 15,8 millions de d’américains ont visionné le premier épisode et 4,6 millions ont déjà regardé la saison dans son intégralité (dont 361 000 au cours des 24h qui ont suivi sa mise en ligne) selon Nielsen, une entreprise américaine spécialisée dans la mesure d’audience. Mais, au-delà de ce succès annoncé, cette deuxième saison est-elle au niveau de la première et des attentes qu’elle suscite ? Éléments de réponse.

Stranger Things saison 2


DE QUOI ÇA PARLE ?

Un an après l’attaque du Démogorgon et la disparition de Onze, Will Byers se met à avoir de plus en plus fréquemment des visions du Monde à l’envers et de son maître, une créature gigantesque et tentaculaire. Tout semble indiqué que le monstre n’en a pas fini avec Hawkins et qu’il fomente un plan pour se venger et, enfin, réussir à franchir le portail et envahir la ville.

Stranger Things saison 2


DES INTRIGUES TROP DÉCONNECTÉES

Commençons d’abord par les choses qui fâchent et le gros point faible de cette deuxième saison. En voulant creuser la psychologie de tous les personnages, les scénaristes nous livrent deux histoires beaucoup trop déconnectées l’une de l’autre, ce qui, au final, nuit à la cohérence et à la qualité globale de ce second chapitre. De plus, la quête des origines d’Eleven lasse rapidement et accouche du pire épisode de la saison ; la jeune fille traverse la saison loin de ses petits camarades et ça, ce n’était pas forcément une bonne idée.

Pour le reste, c’est du tout bon. La storyline principale verse avec talent dans le fantastique et le budget conséquent se ressent à l’écran où les effets spéciaux sont visuellement impeccables. Les visions cauchemardesques de Will et l’excavation de son traumatisme sont très réussies, certains personnages prennent de l’épaisseur, les nouveaux apportent un peu de fraicheur à la communauté (bien que la présence de certains de ses nouveaux personnages se révèle somme toute assez anecdotique) et le final se trouve être éblouissant.

Stranger Things saison 2


PLUS ÉTRANGE, PLUS SOMBRE, PLUS DRAMATIQUE

Ses neuf nouveaux épisodes sont clairement plus sombres et flirtent avec l’épouvante, voire parfois avec le gore. Et si l’intrigue boitille par moment, une gravité et une maturité nouvelles gagnent certains personnages, comme le shérif Hopper ou Joyce, la mère de Will, qui montre ici qu’elle sait faire autre chose que pleurnicher. Le Monde à l’envers gagne légèrement en relief, même si on aurait aimé en apprendre un peu plus encore.

Les références à la pop culture continuent d’affluer : jeux vidéo, cinéma, look, musique… Tout est là pour continuer à faire de la série une madeleine de Proust rafraichissante qui collera à coup sûr la banane à ceux qui ont connu ces années. Et ce n’est pas le jeu des comédiens – tous impeccables, les enfants comme les adultes – qui va atténuer ce sentiment agréable de regarder à travers une porte temporelle brillamment reconstituée.

Stranger Things saison 2

EN RÉSUMÉ

Toujours bourrée de références jubilatoires aux années 80, cette deuxième saison de Stranger Things, à défaut d’être aussi géniale que la première, se révèle malgré tout très plaisante à regarder.