The Defenders - saison1 [décryptage]

03/09/2017


Pendant télévisuel des AvengersThe Defenders réunit et met en scène les quatre super-héros Marvel gravitant sur le petit écran de Netflix, à savoir Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron fist. Après avoir introduit chaque personnage dans une série solo dédiée, Marvel et Netflix leur offrent donc une aventure commune, reproduisant ainsi le schéma éprouvé sur grand écran avec Iron Man et consorts.


DE QUOI ÇA PARLE ?

Iron fist continue de courir après La Main, secte criminelle d’origine japonaise qu’il s’est juré d’éradiquer. Lorsque cette dernière fomente des exactions menaçant New York, le milliardaire va alors s’associer avec Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage pour protéger la ville et mettre à mal les plans machiavéliques de l’organisation interlope.


SUPER-HÉROS PRESQUE « NORMAUX »

La première chose qui frappe à la vue de ces super-héros télévisuels, et qui tranche nettement par rapport à leurs confrères du grand écran, c’est leur apparence somme toute normale : (quasiment) pas de costumes, aucun protagoniste non-terrien, venant du passé ou pouvant voler ; si ce n’est leurs capacités physiques hors-normes, ils ressemblent à n’importe quel citoyen lambda. Pour le personnage de Jessica Jones, on passe même 90% de la saison à se demander en quoi consistent ses superpouvoirs vu qu’elle ne les expose que lors du tout dernier épisode. (Ceci est d’ailleurs un point scénaristique qui interroge tant il met à mal la crédibilité du personnage à faire partie de la bande pour qui ne connaîtrait pas l’ « origin story » de la détective privée.) Cette apparente normalité permet de mieux appréhender la volonté de Marvel de porter ces personnages non pas sur un grand écran de cinéma, mais sur ceux plus petits de nos téléviseurs, afin de séparer les deux univers – même si officiellement ils font partie du même.


COHABITATION TÉLÉVISUELLE ET CINÉMATOGRAPHIQUE INCOHÉRENTE

A ce propos, accordons-nous le droit à une petite digression pour souligner l’absurdité de la part de Marvel de vouloir englober ses films et ses séries dans le même univers étendu mais sans jamais faire apparaître ses personnages de séries dans ses films et vice-versa, ce qui conduit à des incohérences qui se révèlent flagrantes dans The Defenders. Un exemple parmi tant d’autres : l’action de la série se situant à New York après les évènements survenus dans le premier film Avengers (des références y sont clairement faites, notamment lorsque les Defenders parlent d’un « géant vert » ), il est inconcevable qu’Iron Man n’ait pas entendu parler de la menace qui plane sur sa ville et qu’il ne pointe pas le bout de son nez. Inconcevable que Tony Stark reste tranquillement au chaud chez lui à siroter une bière en lisant le journal (si si, il y a encore des gens qui lisent des journaux papier) sans rien faire pour éradiquer la menace, ou au moins simplement se rendre compte par lui-même que les choses sont entre de bonnes mains et qu’il n’a par conséquent pas besoin d’intervenir ou d’appeler ses potes vengeurs.

Alors certes, cela n’a aucune incidence sur les qualités ou les défauts des séries estampillées Marvel, mais il vaut malgré tout mieux regarder ces dernières en se disant qu’elles font partie d’un univers différent, afin de ne pas être pollué par ces incohérences.


PROBLÈME DE RYTHME

Si cette première saison de The Defenders est loin d’être désagréable, il faut cependant admettre qu’elle souffre de deux défauts majeurs. Tout d’abord, elle manque cruellement de rythme. Son format ramassé de huit épisodes pouvait laisser penser que l’action serait au cœur du récit, que nenni ! La première moitié de la saison est verbeuse et l’alliance entre les quatre tarde à se mettre en place. Fort heureusement, les promesses sont à la hauteur de l’attente dans la deuxième partie.

D’autre part, le manque de profondeur d’Iron Fist en fait un personnage peu intéressant qui n’apporte pas grand-chose à la série, si ce n’est les informations permettant de comprendre l’histoire et les objectifs de La Main ; le milliardaire est clairement le maillon faible de la bande. Comme quoi l’argent ne fait pas tout !


UN ANTAGONISTE LÉCHÉ

Par contre, force est de constater que le personnage d’Alexandra Reid, la principale antagoniste interprétée par Sigourney Weaver, est un plus indéniable et apporte une réelle valeur ajoutée au show : personnage bien écrit plus actrice talentueuse, le résultat ne peut être que très bon. La stratégie de Netflix de s’offrir les services de comédiens connus et reconnus dans ses séries est un plus indéniable et un gage de qualité. (Le clivage petit/grand écran est en train de tomber.) Il est juste dommage que son sort ait été expédié de manière si abrupte, tant le personnage aurait mérité une autre sortie.

EN RÉSUMÉ

The Defenders est donc une série mitigée qui, si elle ne se regarde pas avec déplaisir, ne déclenche pas non plus un enthousiasme exacerbé.