The Mist - saison1 [décryptage]

05/09/2017


Diffusée aux États-Unis fin juin, The Mist débarque dans nos contrées deux mois plus tard grâce à Netflix où elle est disponible depuis le 25 août dans son intégralité, soit dix épisodes d’une quarantaine de minutes chacun. Adaptation de la nouvelle éponyme de Stephen King – nouvelle qui avait déjà été adaptée sous forme d’un film réalisé par Frank Darabont il y a tout juste dix ans –, cette série a cristallisé les attentes, comme c’est presque toujours le cas avec les adaptations des œuvres de Stephen King. (L’énorme attente autour de la nouvelle adaptation de Ça ne fait d’ailleurs que confirmer le phénomène.)


DE QUOI ÇA PARLE ?

Après qu’une étrange brume abritant des monstres s’est abattue sur une petite ville des États-Unis, les habitants de cette dernière s’enferment dans différents lieux clos de la bourgade afin d’échapper à ces créatures sanguinaires. Rapidement, le confinement et la peur vont engendrer des comportements violents et irrationnels parmi la population.


THÈMES CHERS À KING

Sans surprise, on trouve dans Brume bon nombre de thèmes chers à Stephen King : le fantastique, évidemment, avec cette brume énigmatique ; l’horreur, avec quelques morts sanglantes à souhait ; ainsi que le craquelage du vernis social lorsque des gens ordinaires sont mis face à des situations extraordinaires et que les pulsions prennent le pas sur la civilisation. Sur ce dernier point, la série est assez réussie et, au fil des épisodes, la psychologie de certains personnages se délite crescendo, faisant monter intelligemment la tension et le sentiment d’oppression chez le téléspectateur.


PERSONNAGES STÉRÉOTYPÉS

Hélas, c’est à peu près tout ce que compte de réussi la série ! Dès le départ on tique sur la galerie stéréotypée de personnages qu’elle nous propose : quaterback beau gosse qui fait les yeux doux à l’adolescente timide qui a du mal à s’épanouir dans une famille dysfonctionnelle, meilleur ami homosexuel souffre-douleur de ses camarades du lycée (qui plus est, très mal interprété par Russel Posner qui surjoue constamment), junkie en quête de rémission, etc. Notons quand même une photographie ingénieuse qui est pour beaucoup dans l’atmosphère oppressante et intrigante de la série, le seul point qui permet de ne pas décrocher.


DE LA BRUME TU NE SAURAS RIEN

Si la série prend son temps pour présenter ses personnages et leurs nombreux conflits, pour montrer comment la peur peut engendrer folie et irrationalité – ce qu’elle fait très bien au demeurant –, cette première saison ne révèle absolument rien sur l’origine de la brume et, disons-le sans ambages, déçoit fortement sur ce point. Certes, on peut aisément comprendre que les scénaristes devaient en garder sous le coude pour une éventuelle deuxième saison (vu les critiques négatives qui fleurissent ici et là, pas sûr qu’elle soit renouvelée, ceci dit), mais ils auraient quand même pu lâcher deux ou trois petits trucs, histoire d’apaiser un peu notre soif de savoir. Mais non, rien. Nada. Que tchi. Peau de balle !

EN RÉSUMÉ

Ayant fait le choix de reléguer la brume au second plan et de ne rien dévoiler sur son origine, The Mist, malgré certaines qualités, ne parvient pas à accrocher le téléspectateur qui ressort du brouillard frustré et pas certain de regarder la saison 2.