The Punisher - saison 1 [décryptage]

27/11/2017


Après un passage réussi et acclamé dans la deuxième saison de Daredevil, Netflix et Marvel ont décidé de promouvoir Franck Castle au rang de personnage principal et de lui offrir sa propre série. The Punisher, sixième déclinaison Marvel pour Netflix, débarque donc sur la plateforme de streaming en ce mois de novembre 2017. Centrée sur un personnage ultra-violent, c’est en toute logique que la série peut se targuer d’être la plus sanglante de l’association Marvel/Netflix. Enfin, serait-on tentés de dire, tant l’univers développé jusqu’ici, sans être de mauvaise qualité, loin de là, n’en reste pas moins plutôt édulcoré.

The Punisher saison 1


DE QUOI ÇA PARLE ?

Franck Castle, alias le Punisher, est un justicier hanté pas l’assassinat de sa famille qui, depuis, combat le crime en tuant ses adversaires plutôt que de les livrer à la justice. Après avoir froidement abattu un par un les crapules qui lui ont pris les siens, et alors que tout le monde le croit mort, il mène une vie d’ascète en se donnant corps et âme à son travail d’ouvrier du bâtiment. Mais il va bientôt se rendre compte que d’autres personnes étaient impliquées dans le meurtre de sa femme et de ses enfants, et va alors reprendre sa vendetta sanglante.

The Punisher saison 1


BIEN PLUS QU’UN HOMME EN COLÈRE

Le tour de force de The Punisher est d’avoir fait de Franck Castle un personnage complexe et non une simple brute sanguinaire dénuée de sentiments (comme ce fut le cas dans la première adaptation cinématographique de 1989). Il assassine de sang-froid, certes, sauvagement, impossible de dire le contraire, mais la série creuse la psychologie du personnage en occultant tout manichéisme ; en résulte un personnage torturé et profond, servi par l’interprétation juste et tout en finesse d’un Jon Bernthal (le meilleur ami de Rick Grimes dans les deux premières saisons de The Walking Dead) décidément abonné aux rôles badass.

The Punisher saison 1


UNE SÉRIE RÉSOLUMENT ADULTE

Si The Punisher étonne en insérant brillamment dans son récit une réflexion sur la place des armes à feu dans la société américaine ou en mettant en avant de complexes problèmes comme la gestion du stress post-traumatique au retour du front, il faut également avouer que la série compose moins bien avec son rythme. Les premiers épisodes sont un tantinet lénifiants – les bases de l’intrigue sont posées avec trop de douceur et l’action pure se fait attendre. Mais quand elle arrive enfin, ça défouraille sévère et les cervelles explosent les unes après les autres à un rythme endiablé, repeignant en rouge sang les postes de télévision des téléspectateurs. Et ce pour notre plus grand plaisir, avouons-le ! A ce titre, les quatre derniers épisodes – les meilleurs – proposent des affrontements jouissifs sans jamais sacrifier la progression narrative et, en cela, portent la série à un niveau qualitatif élevé.

Et si les scénaristes n’évitent pas quelques clichés dans les contours donnés aux méchants, ils ont réussi à construire un second rôle indispensable en la personne de David Lieberman (Ebon Moss-Bachrach, vu dans Girls), alias Micro, allié de poids du Punisher dans sa quête vindicative.


The Punisher saison 1

EN RÉSUMÉ

Meilleure série Marvel proposée par Netflix, The Punisher régale grâce à un Jon Bernthal impeccable, et ce malgré un début poussif, quelques temps mort et une narration qui aurait gagné en efficacité à être un poil plus ramassée.