Yves Ravey - Trois jours chez ma tante [critique]

3/12/2017

Romancier et dramaturge prolifique, Yves Ravey a publié début septembre aux Éditions de Minuit Trois jours chez ma tante, son nouveau roman. Présent dans la première sélection du Goncourt 2017, il fut évincé de la seconde, et donc de la course au prestigieux prix. Si la présence d'un ouvrage dans la sélection du Goncourt n'est pas forcément gage de qualité, cela a toutefois l'avantage d'attirer l'attention sur lui. C'est d'ailleurs grâce à cette mise en lumière que Trois jours chez ma tante se retrouve aujourd'hui décortiqué dans nos pages.



Après vingt ans d’absence, Marcello Martini est convoqué par sa tante, une vieille dame fortunée qui finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée, en ayant gardé toute sa tête. Elle lui fait savoir qu’elle met fin à son virement mensuel et envisage de le déshériter à cause de faits remontant à son exil au Liberia, vingt ans auparavant.


INTRIGUE RETORSE

Marcello Martini est l'un des personnages les moins fréquentables de la rentrée littéraire 2017. Lâche, cupide et veule, sa nature profonde va peu à peu se révéler à mesure que le récit, dont il est le narrateur, va avancer. Se sachant déshérité, le vil individu va mettre à profit son séjour de trois jours à Lyon pour tenter d'extorquer un dernier gros chèque à sa riche tante. Après quoi, il rentrera au Liberia poursuivre ses activités pas très nettes. Mais rien ne va se passer comme prévu pour lui et il va devoir composer avec sa tante, évidemment, mais aussi avec son ex-femme qui a gardé des liens avec la vieille dame et qui est toujours proche d'elle.


UNE ÉCRITURE TROP ÉPURÉE

Yves Ravey aborde avec beaucoup d'humour les thèmes de la manipulation, de la domination et de l'argent. Le récit est bref et ne s'encombre pas de psychologie, ce qui permet à l'auteur de proposer au lecteur une lecture on ne peut plus fluide. Malheureusement, le style consistant à intégrer les dialogues dans la narration est un procédé qui peut rebuter et qui ne plaira pas à tout le monde. Cela nuit à la qualité globale du roman qui, s'il se lit rapidement et agréablement, ne laissera pas un souvenir impérissable. D'autant plus que l'écriture épurée au point d'en devenir lapidaire n'aura pas donner l'occasion à l'imagination du lecteur de donner vie aux personnages ou aux lieux dans lesquels ils ont évolué.


Trois jours chez ma tante
Yves Ravey
Trois jours chez ma tante
Grasset - 7/9/2017
187 pages
15,00 €

Yves Ravey
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