Franck Thilliez – 1991 [critique]

13/06/2021

À force de se voir poser tout un tas de questions sur le passé de Franck Sharko, son personnage emblématique, Franck Thilliez a décidé d’opérer un retour dans les années 90 pour livrer aux curieux les réponses à leurs questions. Écris pour sa première moitié pendant le premier confinement, l’écriture de 1991 fut un exutoire pour l’auteur, lui permettant de s’évader dans une autre époque que celle difficile que nous vivons actuellement. Le résultat, sans être mauvais, n’est cependant pas ce que Franck Thilliez a produit de mieux, la faute à quelques clés, contrairement à son habitude, livrées un peu trop facilement au lecteur.


En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l’école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l’affaire des Disparues du Sud parisien. L’état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.

sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu’à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d’entrer en possession d’une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu’il a pu imaginer – quatrième de couverture.

ROMAN LIMINAIRE

1991. À cette époque sans téléphones portables et sans internet, Sharko, fraîchement débarqué au 36, apprends son métier aux côtés de flics aguerris. Et pour sa première enquête, on peut dire que le jeune inspecteur est servi ! Des meurtres cruels et un assassin qui se joue de la police, rien de neuf sous le soleil, me direz-vous. Mais Franck Thilliez n’a pas son pareil pour tenir le lecteur en haleine et il y parvient une fois de plus de manière magistrale grâce à un sens du rythme qui n’est plus à prouver et à un récit toujours très documenté. La nouveauté se situe plutôt du côté de l’époque lointaine du récit et de la nostalgie qui en découle.

En revanche, si la fin du roman est comme toujours avec Franck Thilliez renversante, cette dernière est en partie téléphonée et ça c’est une – mauvaise – surprise. Moi qui ne devine jamais à l’avance les dénouements des polars que je lis, là j’ai senti venir une des clés plusieurs chapitres avant sa révélation. Un poil décevant.

Malgré tout, 1991 est un livre qui se dévore et qui n’en demeure pas moins bon à défaut d’être génial.


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1991
Franck Thilliez
1991
Fleuve Noir – 06/05/2021
504 pages

À Propos de l'auteur

Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais.
Le succès rencontré par La Chambre des morts, son troisième roman, lui a permis de se consacrer exclusivement à l'écriture.  Depuis, il publie un nouvel ouvrage tous les ans.

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